minigreek

Andorra Ultra Trail - Ronda dels Cims 2016

Grande Balade dans le Mordor

À propos de l'auteur

Runner/trailer/Ultra trailer - "La victoire, ou même la souffrance, ne sont pas pour moi des objectifs ou des finalités. La découverte, l'accès à mon âme et à mon esprit sont mes buts principaux" (scott jurek) Objectifs: finisher 80 km du Mont Blanc 2014, TDS 2014, Ultra Trail Mont Fuji 2015, Diagonale des Fous 2015...ascension de l'Aconcagua en 2016...

 

 PORTRAIT DE LA SEMAINE

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Mon portrait

Quand RunHappy m'a proposé le portrait de la semaine. Quand RunHappy m'a proposé le portrait de la semaine j'étais super fier et en même ...
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Andorra Ultra Trail - Ronda dels Cims 2016 - Mon Compte-Rendu du running

ANDORRA ULTRA TRAIL - RONDA DELS CIMS 2016

Et voila le CR de la Ronda est la ....je me suis appiqué pour faire un CR aussi long et parfois chiant que la course n'hésitez pas a dormir quelques min entre deux paragraphes et surtout noubliez pas de remplir les bidons avant de commencer le paragraphe suivant !

Ronda dels Cims 2016 , l’ultra trail d ‘Andorre ou aussi l’Ultra trail du Mordor

C’est l’histoire d’un petit grec qui s’est vu un peu trop beau en 2015 en croyant qu’il était prêt à manger la Ronda…et il s’est cassé les dents et la mâchoire…Il s’est juré de revenir en 2016, le chantier était important aussi bien physique, mentale et sur l’humilité.

Fin juin 2015, c’est avec une amertume et une déception énorme que je bâchais la Ronda des Cims, Lyophilisé par la canicule, mon premier et unique bâchage trailistique. Le ComaPedrosa aura été le juge de paix et a décidé qu’il n’était pas l’heure pour moi d’aller voire un peu plus loin que le 50eme km de cet Ultra Démoniaque. J'avais un an devant moi pour me préparer, me forger des cuissots en titane et surtout un mental de psychopathe, parce qu’il ne faut pas moins pour aller au bout de ces 170km...Savoir déconnecter le cerveau sur demande, est vital sur cette course

Juillet 2016
Une diag et un UTMB sont passés par là ! j'ai appris a avancer sous le cagnard avec l UTMB (j’avais raté l’épreuve sur la Ronda 2016) et j’ai appris à dormir partout et n’importe comment sur la Diag en plus que de faire abstraction des phases hallucinatoires et de divagation (très utile sur la Ronda) . Mais avec ces deux Ultra j’ai surtout appris qu’il était possible d’aller au bout de 170km avec un entrainement quasi 100% pavés et escaliers urbains.

Ca fait des mois que je soule tout le monde avec la Ronda , Ronda par ci , Andorre par la, il est temps que la course arrive, je commençais à craindre pour ma vie , et je regardais par-dessus mon épaule pour voir si un tueur à gage n’est pas à mes trousses !

13 juillet, grand départ pour le pays des clopes et alcools pas chers! j’ai mon plan de course, mon matos est prêt, mes sacs de base de vie aussi. J’ai mes tableaux Excel comme les Grands. Il devrait faire chaud le jour et frais la nuit. Le chaud / froid c’est dur à gérer...l’entraînement n’a pas été trop mauvais, mais on souffre sévèrement d’un manque de beau temps à Paris …ça ne va pas aider pour se mettre en conditions. 
Petit Singe prend l’avion, petit singe prend le bus, petit singe arrive à l’hôtel ! C’est mieux que les albums de Martine

Arrive à ordino en milieu d’après-midi, c’est drôle, je me sens comme à la maison. La ville se prépare doucement pour la Grande fête du week end, l’arche n’est pas encore montée mais ça sera fait le lendemain.

Jeudi c’est les Dossards et le briefing, qui pour le coup est très détaillé et complet (pas comme un certain Grand Trail Chamoniard ou le briefing tenait en un simple « il va faire beau faites vous plaiz » ..euuuh et je fais comment avec les 170km qui m’attendent? 
le Briefing de la Ronda : grand soleil, nuits claires et froides, la température monte un peu plus chaque jour, pas besoin du pantalon de pluie, évitez d’arriver Mercredi à Ordino Vs dimanche, ça va être long et très technique. Va falloir t’accrocher petit pépère et éviter de gamberger.

Ma stratégie offensive: je connais les 50 premiers km, je sais qu’ils sont abominables, terribles pour la carcasse, qu’ils démolissent le moral et poussent à la sortie. Je vais aller mollo et surtout essayer de me trouver un ou plusieurs compagnons de route pour la nuit, une nuit seul dans ces massif c’est du suicide c’est comme regarder un film d’horreur seul la nuit chez soi …pas sur de terminer.

Le sac est prêt, les sacs pour les bases de vie aussi, le dossard est retiré, je retrouve Nicolas pour manger au calme, Nico tu reviendras l’année prochaine t’inquiètes...Demain réveil 4h20 pour petit dej et habillage (entre les strap, les massages des jambes, l’habillage, l’ajustement de la casquette, se convaincre quoi va aller au bout, 1 premier pipi de la peur, puis un deuxième, un coiffage de barbe j’en ai au moins pour longtemps… 
Je me couche à 22h en sachant que cela sert à rien …dormir une veille de course ouai ouai ce n’est pas comme si j’avais déjà essayé. 
Je me tourne, je me retourne dans mon lit, mon dossard me regarde, je me lève…..ça ne veut pas..minuit 30 enfin je m’endors..réveil 4H ça pique dans les yeux et la tête …je regarde mon tel « attentat à Nice … » ..Ça fout le moral au niveau zéro…ça me fout en boule cette histoire. Malgré tout faut que je me calme…dur ..très dur..
heureusement j’ai reçu quelques messages durant la nuit qui remettent du baume au cœur (merci Ma Ju :) ) 
Les premières lueurs du jour apparaissent, je sors la main dehors, il pèle, on va partir à la fraiche…il en faudra pas longtemps pour chauffer la machine…Andorre ce n’est pas plat y'a que des montées et le cœur va s’emballer très vite !

Un café, Metallica en fond, poum poum short, casquette, la barbe, les lunettes, tout est prêt pour ce jour de fête..la gigite aussi , je vais en avoir besoin les prochains jours. Je rejoins la ligne de départ …sur la route je croise un coureur japonais en débardeur dans le froid fumant une clope ( wooooow) grande accolade avec Cims Magic contrôle de la couverture de survie avant de rentrer dans le sas. Une demi-heure à attendre avant de lâcher les fauves dans le Mordor.

Grosse ambiance comme l’année dernière, une équipe de bénévoles joue des percussions sur un rythme endiablé, une foule de spectateurs malgré l’heure…c’est le cas à nouveau cette année. On ne change pas une équipe qui gagne. 
Une minute de silence est demandée juste avant le départ pour l’attentat de Nice…ambiance lourde, pas un bruit, grosse émotion et pincement au cœur…étrangement ca ajoute un capital Energie supplémentaire inattendu !

un discours en catalan que je ne comprends pas (non je ne suis pas bilingue et roulane n’est pas du catalan :) , un fond de musique de corrida …tres….dos….uno….bam : Ronda des ciiiiiims, Ave Cesar ce qui vont mourir te saluent, ça défile dans ordino , ça ne met pas 20 mètres avant de grimper , tout de suite dans le match ! La pente est agressive sur le trailer, elle tacle les cuisses directe. je tombe sur mon pote Armand, sud af’ complètement barré (qui va faire une grosse perf sur la ronda) en débardeur qui rigole, il fait une météo de rêve, soleil, frais, les jambes sont en joie..

Mais bon parlons bien parlons Ronda

Il est coutume de dire qu’il y a deux parties très distinctes à la Ronda, l’avant et l’après Margineda, la course commence à la Margineda au Km 74.

Si j’arrive à atteindre la Margineda sans pépins, bobo, alors je pourrais commencer à penser que je peux finir cette course, mais pas avant. J’ai prévu d’y arriver pour le milieu de première nuit et repartir au petit matin.

Cette première partie est redoutable, et quand on regarde le profil, l’écrémage de la course se fait sur cette première partie. Tout est fait pour réduire le physique et le moral des coureurs a 0. 
Les pentes sont interminables et d’une violence inouïe, les descentes a l’image des montées, pas l’once de présence d’un bout de sentier, caillasse, caillasse, caillasse…Il va falloir être humble et costaud la haut, subir et ne pas broncher, la tempête passera après. Le tout sous le cagnard

1) Montée au refuge de Sorteny (21km - 1800m de D+) et montée à Arcalis
Le ton est donné tout de suite, une première étape de 21 km et presque 2000m de D+ pour rejoindre le ravito de Sorteny. Quelques Single en sous-bois , le temps de sortir d’Ordino , quelques « murs d’escalade « pour prendre de la hauteur tres vite . ON débouche sur une prairie verdoyante à 2000m, c’est magnifique, c’est beau, et quand on regarde derrière on a le vertige. C’est ça la Ronda, c’est vertigineux. Arrivée à Sorteny , j’ai décidé de prendre le temps de ravitailler correctement. Pain, fromage, chocolat, coca …et on repart direction Arcalis , km 33…je me ravitaille comme un goret

L’année dernière je suis mort dans cette montée. Il y a deux gros murs très raides dont un de 600m de D+ a digérer. Puis cette arrivée démoralisante au refuge : on voit le refuge à 8km, on voit la route pour y aller, mais on emprunte finalement un petit chemin sur la droite qui tue tout espoir d’arriver vite . L’Arrivée à Arcalis se fait généralement en début d’après-midi quand le soleil cogne. En 2015, c’est sur cette étape que je me suis lyophilisé. En 2016 l’étape reste la même, pentue, chaude, démoralisante, d’une violence inouïe. Les paysages sont Lunaires, des blocs gros comme des moutons, des montées interminables, il n y a aucun coin d’ombre sur cette étape, le soleil comme épée de Damoclès au-dessus de la tête. L’année dernière j’étais en casquette, sans crème…pas 2 années de suite la même erreur, je sors la saharienne et l’indice 50, je relève les manchettes. Fred et Isa m’attendent à Arcalis, c’est énorme de les voir, ça redonne la pêche. On papote , on rigole. Je m’assois pour faire un premier petit bilan, 30km et 3000m de D+ , je mange bien , je bois comme un trou , je pisse bien , je fais mes rototos, je ne suis pas brulé…Tous les signaux sont au vert . je repars avec la gigitte et après avoir fait un Monkey avec la Fred family , direction Pla d’Estany , juste avant le ComaPedrosa.

Pla d’Estany et Coma Pedrosa

Le pla d’Estany c’est le dernier endroit de réconfort, de bien être, de sourire avant de vraiment pénétrer dans l’Enfer Andorran, le Mordor. On est encore sous le cagnard. Il fait une chaleur de bête, pas un poil de vent. Je revois mon passage sur ce sentier l’année dernière. J’avais déjà les bras brulé et atteint le seuil de non-retour en termes de déshydratation. J’étais un zombi sur ce ravito. Cette année j’arrive frais, avec l’envie de manger le Coma et de lui faire une tête au carré. C’est aussi durant cette étape que je croise cedric. On papote un peu, il a vécu a la réunion , on a fait la Diag tous les deux, on a abandonné l’année dernière sur la Ronda tous les deux au même ravito. On se dit qu’on va pouvoir faire un petit bout de chemin ensemble, du moins le Coma déjà…on finira plus tard la course main dans la main après 58h de pérégrination et 2 nuits dehors. De plus on est sur les mêmes projections Horaires. Wanagain bistoufly ca sent bon ça. La Ronda si tu tentes de la faire seul, tu as très peu de chance d’y arriver. La plupart des coureurs arrivent par petits groupes de 2 ou 3. L’effort extrême, la violence du parcours, ça crée des liens forts chez les coureurs. On arrive à Pla d’Estany à 17h, objectif refuge du Coma, km 50 avant 20h.

Ascension du ComaPedrosa - refuge du Coma 8km.

C’est le toit de l’Andorre à quasi 3000m. C’est avant tout une montée de 900m D+ en 3KM, dans un pierrier géant. Des blocs qui arrivent au niveau du ventre, des dizaines de mètres de petits cailloux façon roulement à bille, des pentes à plus de 40%. Et quand tu penses que tu arrives au sommet il reste 10min de paroi rocheuse a pic a monter. C’est le Mordor. On se met doucement en marche avec Cédric, petit à petit, les mètres défilent et le D+ aussi. On en chie comme des russes mais ça nous fait marrer . On n’est pas surpris comme l’année dernière. On monte doucement, vraiment doucement mais régulièrement. On se fait doubler par d’autres coureurs mais c’est de la folie de monter vite ici. On arrive à proximité de la « zone de la mort »..pas loin du sommet, un dernier coup de cul ou tu as le nez collé à la pente, ou tu rampes dans les montées, tu risques de partir en arrière…j’ai jamais vu ça de ma vie ..Je n’avais pas encore vu la descente de la Margineda et la montée au col des vaques. Le joueur de cornemuse est toujours la au sommet du Coma , on est les rois d’ Andorre pendant quelques minutes , le temps d’attaquer la descente aussi infernale que la montée…c’est soulagés qu’on arrive au refuge du Coma peu avant 20h…soulagés car on est en forme et que cette fois ci , on ne bâchera pas ici mais on va bel et bien filer vers la suite .

2) Route pour la Botella, 10km 
Dans la tête ça restera la plus belle étape, la plus magique. A partir de là, on découvrait le parcours. On venait Cedric et moi d’exorciser le sort et l’abandon de l’année dernière. De larges sentiers sur les crêtes a la tombée du jour, des couleurs magiques, le soleil qui joue a cache cache avec les Sommets, on a la grosse banane et le sourire. Hate que la première nuit arrive. On se met en tete d’arriver a la Margineda a 1h du matin. Mais au fond de moi j’ai toujours pensé qu’on y serait pour 2 /3 h. On profite, on papote, on rejoint un autre groupe. On file au train en essayant de sortir la frontale le plus tard possible. Malheureusement le Soleil se couche vite, on dégaine nos « phares » avant d’arriver à la Botella à 22h30. Jusqu’à la, tout va bien, 62 km et 6000 m de D+ …un ratio pour les « grands » …ça commence tout juste à tirer dans les papattes .

Il est temps de se mettre en route pour la base de vie de la Margineda. On pourra enfin se reposer, dormir, se changer et desserrer peut être un string un peu tendu… Quand vous voyez le profil, la Margineda c’est le trou du cul du monde tout dans le fond en bas… On rejoint la Margineda apres 8km de descente et -1700m de D+. C’est ici qu’une wing suite aurait pu être utile, ou alors un parachute. On attaque la descente à 1h du mat. Objectif, être dans un lit a 3h..Comment décrire cette descente : dangereuse, mortelle, démoralisante, flippante, insensée, vertigineuse… des chaines sont posées sur la paroi pour se tenir dans la descente, pas des sentiers, de la caillasse, plusieurs centaine de mètres de devers de chaque côté…Si mon père savait il m’aurait foutu une torgnole en m’envoyant dans ma chambre privé de dessert. 
Et quand on est en vue de la Margineda , la ville joue a cache-cache….dès qu’on pense qu’on y arrive , la ville disparait ..Arrivée a 3h20 du matin, c’était long, tres long, c’est avec l’estomac noué qu’on file se coucher pour un peu de repos. Je regarde enfin mon téléphone, j’ai du réseau, j’ai plein de messages , je regarde Face book , idem , ça fait chaud au cœur bordel ,

On reste 2h à la margineda, impossible de dormir, trop de bruit, trop de lumière, mais s’allonger fait du bien surtout après la descente dantesque de 3h qui a fracassé les cuissots. J’en profite pour me faire masser les jambes . Le change complet, un bon repas , on refait les sacs avec du neuf et on repart vers 5h pour la (trop) longue ascension du Pic Negre qui devrait nous occuper pendant quelques heures . Un beau programme de 30km et 2500m de D+, soir environ 8-10h de crapahutage. Autant dire que le cerveau et le moral en prennent un coup avant même de commencer. Une fois sur le Pic negre après c’est un enchainement de bosses mais autant dire que le plus dur sera derrière (et n y voyez la aucune connotation olé olé hein ? )

Je suis étrangement frais en repartant de la Margineda, sans avoir dormi, ça cogne dès le lever du soleil, la journée va être terrible niveau chaleur. L’hydratation est toujours Ok. A partir de là, les paysages changent, c’est plus verdoyant, luxuriant, moins cassé, plus joli pour les yeux …c’est la récompense d’avoir survécu a la Margineda. Néanmoins les pentes restent tout aussi violentes mais camouflées avec de la verdure.

Je passe les détails de la montée du Pic Negre…beaucoup trop longue, on mettra 10 h à monter. Arrivé là-haut je commence à avoir les yeux qui piquent…35h sans dormir c’est peut-être un peu normal. La chaleur écrase la tête …dans la descente vers Claror , il y a plein de petits sapins ….avec de l’ombre … « Cédric , ça te dit de te poser deux minutes à l’ombre du sapin ? « Aller ! » …et c’est parti pour un petit somme de 10min à l’ombre en plein après-midi …et oui c’est ça aussi le trail ! Dormir sans complexe partout et en plus c’est agréable.

Et hop on repart avec un peu plus de patate, on croise des mecs de la Mitic, qui se reposent comme nous clope au bec …c’est du délire. Arrivé à Claror à 16h, l’idée est d’arriver pour la Nuit vers Minuit /1h au Pas de la case pour la deuxième base de vie. 
On rejoint le refuge d Illa en 4h, bien entendu comma à chaque fois, une montée infernale, raidasse et technique….étrangement les jambes acceptent de plus en plus le dénivelé et le digèrent sans broncher…..pilote automatique

Aller le compte à rebours est lancé pour rejoindre le Pas de la case au km 130. Il faut passer le col des Isards avant et plonger par la suite. Et première énorme Enculade de la course. On voit un col dans la nuit noire, raide comme jamais , on se dit c’est le col des isards…on le grimpe, le sentier est en zig zag puis d’un coup les Andorrans se sont pas fait chier et sont montés droit, le genoux touchent le nez , c’est comme ça sur 150m. On arrive à ce qu’on croit être les Isards défaits….mais juste derrière le chemin continue, petit tour de crête et rebelote un nouveau col à l’identique…C’est quoi cette merde ? ca ne s’arrêtera donc jamais ? on repart, la gigitte a 0, on rebouffe à nouveau de la pente a 40/45% ….Des zombis…enfin on plonge vers le Pas de la case dans une descente aussi raide que la montée…faut pas regarder à coté, Ya au moins 200m de dévers …ah tiens des chaines pour descendre ça faisait longtemps..c'est Cliffhanger cette histoire

On arrive au Pas à 1h30 non sans avoir erré dans les parking/déchèterie autours du Pas de la case (pour rallonger le chemin) ….vraiment cette partie n’avait aucun intérêt , aucun plaisir, du pur kilométrage et du pur D+ …Si vous aviez encore le moral, bien là c’était mort ….j’ai plein de messages , ca réchauffe le cœur je ne vous raconte pas ..ca faisait 6h sans réseau ….on arrivait en situation d’alerte sanitaire mentale ….
Dormi 5 min au Pas de la case, je me suis bien restauré, changé, j’ai mes Altra depuis la Margineda et mes pieds souffrent moins …mais ils sont quand même bien attaqués.

On repart à 3 avec Tony, qui va faire un gros bout de chemin avec nous, mais ses genoux le feront arriver un peu plus tard que nous, mais il ira au bout aussi. Le trio a fier allure. 
Commence la deuxième grosse enculade, la montée du col des Vaques. 7 km de montée, on va quasiment mettre 3h..En fait tu vois le col mais lui ne se rapproche jamais. Les ¾ de la montée se font en suivant l’Ardèche, les pieds sont trempés, on suis un GR inexistant…les pieds sont trempés, ça sent la catastrophe, il reste 40km avec des pieds en éponge, d’autres ont bâché pour moins que ça …On est crevé dans la montée, les yeux se ferment alors que le soleil se lève, c’est magnifique, mais démoralisant car le col ne se rapproche pas…un beau rocher me regarde, je m’y adosse..3 min plus tard je me réveille d’un sommeil profond de 3min et je repars à bloc, j’ai envie d’en finir. On atteint le sommet vers 7h, on apprend qu’environ 200 personnes ont abandonné !! mais nous on ne lâchera rien..S’en suit la longue descente plein soleil vers Incles, c’est joli et bucolique, mais je suis en mode automatique, j’ai juste envie de poser mes fesses sur une chaise. On arrive à Incles, et je me fait un sieste express de deux minutes assis sur une chaise de jardin, la saharienne sur le gueule, les jambes tendues….plutôt efficace …Incles KM 144

2 bosses et c’est la fin….mais quelles bosses….un chemin de croix…il fait très très chaud. Les Andorrans ont un don pour te faire grimper sur n’importe quoi à partir de chemins qui n’existent pas...La flippante montée pour le refuge de Coms de Jan en est l’exemple ! une montagne verte, un bout de sentier sablonneux et c’est parti pour +850 m D+ dans le figure en 5km à flanc de montagne…J’ai mis le cerveau de côté pour de bon…je commençais a être écœuré du D+ , ça me donnait des nausées…toujours plus , toujours plus haut …et grimper entre 2500 et 2700 ca fait bobo au physique. 
Dernière bosse, le col de Meners a 2700m avant de basculer vers la vallée d’ordino..

Putain de dernière montée ….abominable, après un premier step de 400m D+ on arrive dans un cirque entourés de cols …mais lequel est le bon ? On commence l’ascension, une meute de chevaux dévale la montagne (il descend de la montagne à cheval ….) et on part pour le Col de Meners..
Montée très difficile. On finit de se détruire. Le sommet est en vue. On s’arrête on pleure comme des madeleines, on sait qu’on ne montera plus jusqu’à la fin, 13500m D+ sont derrière …IL NE PEUT PLUS RIEN NOUS ARRIVER…ça va aller au bout …les nerfs lâchent avec une dose de soulagement. On bascule dans la descente qui va durer 4h…ca descend jusqu’à Sorteny ou on est accueilli comme des rois et on mange comme des gorets, puis dernier coup de cul …Ordino est en vue….on entend le speaker ..Rooooonda dels Cims , rooonnda Dels Cims …
17h22:12 ,après 58h22min de course , Cedric et moi passons la ligne, c’est fait ….putaing je peux mourir tranquille !

Un grand merci à Cédric et Tony , sans qui je ne serais pas aller au bout , faut le dire. Cette course vous broie physiquement et mentalement en ne vous laissant aucun répit, jamais. J’ai jamais couru des pentes aussi violentes et hostiles, mais les paysages sont dingues, parmi les plus dingues.

Je ne sais comment vous remercier tous pour le suivi, les messages, nuit et jour (merci ma Ju’ ), toutes les ondes positives et bienveillantes… Le sort a été vaincu …grâce a vous

J’ai un mois maintenant pour me reposer la tête et le corps, récupéré des pieds et des orteils, avant le prochain défi, UT4M 160 xtrem, un beau morceau encore à se mettre sous la dent. Mais le grec est joueur :)


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