lucwithlove

Mon premier marathon...et pas le dernier

Marathon des Alpes Maritimes Nice-Cannes

À propos de l'auteur

Directeur Artistique Junior / Sneakers Addict / Running addict / Marathon Finisher / Nike+ Running / Nike+Fuelband...

 

 PORTRAIT DE LA SEMAINE

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Mon portrait

Je m’appelle Ali alias Ali_RunHappy. Je cours par amour et plaisir de vouloir partager ma passion avec la communauté de la course à pied ...
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lucwithlove

Message @lucwithlove
Mon premier marathon...et pas le dernier - Mon Compte-Rendu du running

MON PREMIER MARATHON...ET PAS LE DERNIER

Vendredi 8 Novembre (J-3)

Décollage pour Nice accompagné de @ptitestef bien sûr. À peine atterri, direction le village sur la Promenade des Anglais pour retirer mon dossard, ça y'est je l’ai entre les mains: mon premier dossard de marathon, la pression monte d’un cran.
Après un petit tour chez STC Nutrition et Compressport, je suis équipé en gels, ainsi qu'en chaussettes de récupération.

La journée se termine autour d’un repas avec la belle famille (des supporters en or).

Samedi 9 Novembre (J-1)
Après une bonne nuit de sommeil et un bon petit déjeuner, nous décidons d'aller profiter du beau temps et de la ville. C'est ainsi que sur la place Massena, par le plus grand des hasards nous rencontrons Ali (@RunHappy_fr). Rendez-vous pris pour manger ensemble le soir.
Notre ballade dans le vieux Nice se poursuit, visite des ruelles, de la cascade du château etc.
Puis, comme convenu, nous retrouvons Ali autour d'un gros plat de pâte, le soir venu.
Un très bon moment passé en sa compagnie.
Nous rentrons à l’hôtel, j'ai un peu mal aux jambes, on a beaucoup marché aujourd’hui, ce n’était peut être pas une bonne idée. Sur le papier, je devais me coucher tôt et passer une excellente nuit pour être en forme le jour J. Malheureusement, le stress en a décidé autrement...

Dimanche 10 Novembre (Jour J)
Le réveil sonne, j'ai du dormir 2h...  je suis malgré tout au taquet.
Douche et hop direction le petit déjeuner, il est 6h.
A 7h on s'apprête à rejoindre la ligne de départ et qui croise-t-on Place Massena? Ali !!!
Nous nous dirigeons ensemble sur la ligne de départ où nous retrouvons Thomas (@ti_tom). Nous entrons dans le sas 3h15. C'est Impressionnant car le sas est vraiment sur la ligne de départ. De l’autre coté de la route, les élites, les sas préf et 3h.
Il fait beau, pas trop froid, le soleil se lève sur la mer, et pour le moment pas de vent.
Un dernier « high five «  avec Thomas et Ali, et me voilà parti pour mon premier marathon!
Je suis bien, tout roule, j’essaie de ne pas partir trop vite, je me retiens, c’est dur parce que l’envie me pousse réellement. Je suis quand même un peu rapide car je passe le km1 en 4’17 au lieu de 4’37. Oui je sais, c’est mal! bouuuuh honte sur moi.... Mais je n’ai vraiment pas l’impression de forcer, du coup j’essaie d’ajuster un peu et passe le km2 en 4’25. C’est mieux mais ce n’est pas ça, je n’arrive pas à ralentir. Pour une fois, je suis méga régulier, je parcours en effet chacun des 4 kilomètres suivants en 4’25 tout pile. Je check la machine : pas de fatigue, pas d’essoufflement, pas de point de côté, pas de douleur…ok on continue.
Bien sûr à cette allure je dépasse la flamme des 3h15. Je me trouve audacieux sur le moment, aujourd’hui, avec le recule, je me trouve prétentieux. ..
Le km 10 arrive vite et bien, je le passe en 44’12. Je continue à mon rythme, il ne me donne pas l’impression de forcer, je suis entre 4’24 et 4’30 au kilomètre.
Mais le vent finit par se lever. J’espérais qu’il ne fasse pas son apparition, mais bon on va devoir faire avec. Vers le km 17, j’aperçois mes supporters menés par une Steph déchainée, qui hurle et m’encourage. Je souris, ce sourire un peu niait du mec complétement amoureux va rester sur mon visage pendant plusieurs mètres et va me donner des ailes. Mais le vent devient de plus en plus pénible et chasse ma bonne humeur. Je me concentre et passe l’arche du semi en 1h33. Nous sommes un petit groupe, on se passe et se dépasse pour alterner notre lutte contre le vent, mais je commence à sentir que si ça continue ainsi, ça va être compliqué.
Km 23 - Antibes. Je connais bien, je repense aux vacances passées ici. On arrive sur les remparts et là... Le vent souffle fort, très fort.  La lutte commence réellement. Les bourrasques tentent d’arracher mon dossard, je le tiens. Il faut multiplier l’effort par deux pour pouvoir avancer. Du coup je tourne autour de 4’37 et 4’39 par km. C’est cependant ce qui était prévu à la base.
Km 28 – Ça monte, ça monte énormément! et le vent ne cessera pas de souffler contre nous jusqu’à la fin. À partir de ce moment j’ai du mal à savoir ce qu’il s’est passé, tout est un peu flou dans ma tête. Il me semble que c’est dans cette montée de La Garoupe que Quentin (@kutnek) m’interpelle. Je n’étais pas très bien, je mets beaucoup de temps à comprendre qui était cette personne. Je continue mon ascension. Je commence à souffrir. J’ai mal, très mal aux jambes. Elles me font tellement souffrir, je n’ai jamais ressenti ça auparavant. Le doute s’installe en moi, pourquoi j’ai mal comme ça ? Qu’est ce que j’ai fait de mal ? Pourquoi ?
Je commence à vraiment ralentir. J’entends un « allez Luc !! » qui vient de derrière. C’est Thomas qui arrive à mon niveau. Il m’encourage, me rassure, me dit qu’on est dans les temps. C'est la petite étincelle qui me fait repartir et en plus on entame une descente. Thomas me dit d’y aller. Mais après le km 31 Thomas me rattrape à nouveau, il me pousse avec sa main dans le dos. Je me redresse et le suis sur plusieurs mètres (merci Tom d’avoir essayé de m’embarquer avec toi). Nous sommes dans Juan Les Pins.  Je n’y arrive plus, je décroche et le laisse filer. Sur le moment je suis anéanti car je le sens super frais alors que je me sens faible. Rapidement, le meneur d’allure 3h15 me double à son tour, avec son petit groupe de mouches collées à lui. Je ne tente même pas de m’y accrocher, pas la force, pas le courage… La désillusion m’envahit car je sais que je ne pourrais pas tenir mon objectif. Je n’ai jamais échoué, je ne le veux pas mais mes jambes me font souffrir. Il n’y a rien à faire j’ai beau lutter contre moi même ça veut pas.
À ce moment là, j’entends Steph au loin… plutôt que d’être content de la voir, c’est la honte qui s’empare de moi. Je ne veux pas qu’elle me voit comme cela. Tout ce que je veux à ce moment, c’est m’arrêter, la prendre dans mes bras et pleurer. Elle court quelques mètres avec moi, mais rien n’y fait. Je me dis juste qu’il faut que je continue encore un peu pour qu’elle ne me voit pas m’arrêter.
Et le plus dur arriva… je m’arrête… C’est horrible, je marche, je m’étire.  L’instant précis où tu arrêtes de courir est une torture psychologique, un coup de massue. Je n'ai pas souvent confiance en moi, mais ce moment précis fut l’un des pires moments ou je me suis dit « je ne suis qu’une merde ». Le monde s’écroule autour de moi et cette putain de vent qui continue de me bousculer alors que je suis déjà au fond du trou.
Je ne sais plus où je suis, je ne regarde plus ma montre, je ne regarde pas les panneaux kilométriques non plus. J’alterne de la marche avec de la course. Je ne sais plus trop quand ni où mais je me fait doubler par la flamme 3h30. Je m’y accroche. Je tiens un peu, mais finit par lâcher, encore.
Marcher dans les endroits où il y a personne c’est déjà dur mais marcher quand il y plein de monde sur le bord de la route, c’est horrible car j’ai juste honte. Mais les gens sont adorables et m’encouragent. Certains seront fiers car leurs paroles me feront repartir pour quelques centaines de mètres. Je ne sais plus marcher, je ne sais plus courir. Comment vais-je faire pour finir ?
Km 37 et 38 ça monte. Je reconnais ce parcours, j’ai couru ici cet été avec ma chérie. Je ne pense qu’à elle, je ne peux pas la décevoir. Son image me fait repartir à chaque fois, jusqu’à que mes jambes me stoppent encore et toujours. Les crampes sont douloureuses. Je sais qu’on est plus très loin, mais 5km ça me paraît une éternité. J’essaie alors de visualiser mes entrainements. Je me dis 5km c’est deux tours de l’île de la Jatte, ce n’est rien tu en as fait des centaines. J’alterne toujours marche et course. Je m’empiffre de morceaux de sucres, de carrés de chocolat, de Powerade.
Juste avant le Km 40, je marche, un spectateur me dit «  il reste 2km, 2km c’est rien, allez !!! » Je repars alors sous ses yeux, je le remercie et lève le pouce. Ce combat contre moi-même fait mal, mal aux jambes, mal à la tête, mais surtout mal au cœur. Mais je décide que cette fois je ne m’arrêterais plus. On tourne au Palm Beach, la Croisette est là devant moi, grande ouverte. Une bourrasque énorme me fait reculer, mes jambes s’entrechoquent tellement le vent est violent. Je lutte. Je trouve ce kilomètre très long, mais c’est parce que je n’ai pas vu le panneau 41. La chaussée se resserre et j’aperçois une petite arche blanche au loin. Qu’est ce que c’est ? L’arrivée ?  Non ce n’est pas possible, elle est petite cette arche. J’essaie de voir ce qu’il se passe derrière cette arche mais je ne discerne pas très bien. Un homme est à côté de moi, on se soutient mutuellement pour finir. A 1mètre de l’arche je me rend enfin compte que les gens ne courent plus…J’ai la sensation que je met du temps à le réaliser. Mon cerveau ne fonctionne plus.
Je passe et stoppe ma montre. Je découvre mon temps 3h35mn53s. Première impression, la déception… je pleure… je ne sais pas si je pleure parce que je suis déçu ou juste parce que je suis content d’avoir finit et que je n’en peux plus.
Je reçois ma médaille et je suis fier.  Je la contemple avec le regard d’un enfant.
Je me ressaisis, il faut retrouver Steph et ses parents. J’emprunte un téléphone pour l’appeler et elle me rejoint. Je ne peux plus marcher, mais je suis content de tomber dans ses bras. J’ai attendu ça pendant toute la course. Je suis heureux de la voir, j’avais peur de l’avoir déçu. Elle avait confiance en moi, et je me suis écroulé, je m’en veux.

Suite à ça, une bonne douche, un petit brunch, un petit verre au PamPam de Juan Les Pins et direction l’aéroport. En montant dans l'avion sur qui on tombe? Ali!! Nous avons du coup pu un peu débriefer ensemble, à notre arrivée à Paris. Bravo à lui car il s’est aussi bien battu!

Voilà c’est fait je suis finisher ! Deux jours après je suis encore chamboulé psychologiquement, un mélange de fierté et de déception, d’échec. Je me sens déprimé.
J’appelle un ami, grâce à qui je cours aujourd’hui, il a de l’expérience en course et a su trouver les mots pour soulager mes maux.
Et puis j’analyse ma course, mes temps de passage, ma vitesse… Je me rends compte que c’est très bien pour un premier marathon. J’ai voulu bruler les étapes, et j’ai mal gérer ma course. Partir trop vite, ça passe sur un 10km ou un semi mais pas sur un marathon.
La prochaine fois je serais plus prudent, moins prétentieux, je m’accrocherais au meneur d’allure. Je vais m’entrainer, me renforcer.
Mais d’ailleurs la prochaine fois… c’est pour quand ? ;)


Luc



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Vos commentaires
bengarandeau

@bengarandeau

ton récit m'a donné des frissons. J'ai fait mon premier marathon cette année et souffrance et plaisir était étroitement liés.... en tout cas bravo pour ton courage bien sportivement benjamin
14 Nov
Ptitstef

@Ptitstef

tu n'as pas lâché, tu peux être fière de toi! moi je le suis en tout cas. Bravo et je pense que le Chrono 3h15 tu le feras sur un prochain marathon! steph <3
14 Nov
Ti_Tom

@Ti_Tom

Deja, bravo pour avoir terminé. On devient marathonien dans la douleur et toi t'as pas fait semblant :-) IL faut dire que pour un baptème, c'était pas le marathon le plus facile :-) Cette distance est redoutable, parce qu’on la découvre seulement le jour de la course, qu'il y a un changement de filière métabolique. Tu t'es pris le mur, tu l'as vu, tu vas le démolir la prochaine fois !
14 Nov
LadyMilonguera

@LadyMilonguera

J'y étais pour encourager et soutenir ma maman qui l'a couru et terminé également. Franchement, vu le vent, il fallait bien du courage et du mental pour le terminer, alors bravo !
14 Nov
aliamari

@aliamari

Bravo pour ton premier marathon ! et voilà que tu es marathonien, le finir est déjà un exploit, et 3h35 est un très bon chrono. Merci à vous 2, j'étais très ravi de vous rencontrer :)
14 Nov
lucwithlove

@lucwithlove

Merci pour ces commentaires, ça me touche :)
14 Nov
Mat_cha_co

@Mat_cha_co

J'ai dû retenir mes larmes en lisant ton texte à mon fils. Très beau récit plein d'amour. Tu as vraiment réussi à partager ton expérience. Félicitations pour ton exploit sportif et tes talents de narrateurs.
14 Nov
LapinsRunners

@LapinsRunners

Qu'il est prenant ce récit ! Nous avions envie de t'encourager et t'inciter à te ressaisir pendant la lecture ! Bravo pour ton temps Luc. Ce qui est super important, c'est l'expérience que tu acquiers sur la gestion de course. A très vite pour ton prochain marathon :)
15 Nov
runkrisss78

@runkrisss78

Bravo ça donne envie malgres la souffrance... 1 er marathon pourtant super temp et tres beau recit!
15 Nov
DaddyTheBeat

@DaddyTheBeat

Très touchant. Très attachant. Très encourageant. Bravo Lucwithlove !
15 Nov

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