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Le marathon du Mont Blanc

Un marathon en "duo"

À propos de l'auteur

Je suis blond et me prends pour une flèche ! Profite d'un trop plein de temps libre depuis mon arrivée dans l'Ouest. Après le Cotentin, me voilà Rennais.Semis, marathons, trails, ultra...juste pour le plaisir et de temps en temps pour tenter d'améliorer mes temps. Membre des 7 fantastics mais aussi du Cercle Paul Bert Athlétisme....

 

 PORTRAIT DE LA SEMAINE

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Mon portrait

Au début était le chlore Oui, au début j'étais nageur. Ô pas un grand nageur mais d'un niveau au-dessus de la moyenne. J'adorais ...
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Le marathon du Mont Blanc - Mon Compte-Rendu du running

LE MARATHON DU MONT BLANC

Il devait être la troisième étape de mon triptyque du mois de mai après les 32km éprouvant du Trail du Couesnon et les 26km du Trail de Guerledan. Mais ayant dû annuler ce dernier (à mon grand désarroi) j'arrive sur ce marathon plus frais que prévu.J'y ai vécu une expérience. En 2013 j'ai couru mon premier marathon et sur le premier semi j'étais accompagné de Thierry. Marathonien 14 fois finisher à ce moment. Il m'a guidé et rassuré par des conseils rares mais précieux. Puis on s'est perdus à un ravitaillement et j'ai vécu mon second semi seul avec moi-même. Mais j'avoue que courir mon premier marathon accompagné par quelqu'un avec de l'expérience m'avait rassuré. Je m'étais dit qu'un jour, il faudrait que je le fasse aussi. Et cela s'est présenté, pour finir, un peu par hasard.Ce dimanche 31 mai,  c'était à moi de jouer ce rôle et j'espère l'avoir fait aussi bien que Thierry à l'époque. Là était l'expérience car courir non pour soi mais pour que ton camarade arrive au bout change totalement ta course. Sur un marathon, je suis concentré sur mes sensations alors que là pour une fois, il fallait que je m'oublie le plus possible et me préoccupe de mon poto.Donc il y a quelques mois, mon ami Jeff me demande s'il est raisonnable de se lancer sur le 80km de l'écoTrail, genre deux semaines après. "Que nenni, petit fou" je lui dis. Faudrait que tu commences par plus court. Bon, je ne l'ai pas dit ainsi mais la teneur du discours était la même Assez rapidement, il me dit qu'il viendra faire le marathon du Mont St Michel auquel je suis inscrit, les inscriptions pour Paris, qu'il aurait aimé faire, étant déjà complètes.Bref, le voilà embarqué pour une prépa marathon. Bon là, il a fait ce qu'il pouvait entre son boulot chronophage, sa famille chronophage même si adorable et une tendinite chronophage et douloureuse. Un temps, je crains qu'il ne doive abandonner de venir mais son Kiné lui donne le feu vert. Étant d'un naturel optimiste, il me fait savoir à quelques semaines du marathon (genre 3) qu'il partirait bien pour un 3h45 donc du 5'20/km.Okayyyy, c'est parti mon kiki! Haaaa le kiki, le plus beau des kiki...c'est un peu plus rapide que ce que je m'étais prévu (au départ j'imaginais un 4h, ce marathon étant une sortie longue pour un ultra prévu mais depuis abandonné) mais cela me va quand même. Bref le 30 mai, Jeff arrive, on se permet un micro apéro en échangeant avec Séverine (ma voisine) qui courra le marathon aussi mais bien plus vite que nous. Là, on n'a pas été des plus sympas en racontant nos histoires de "vieux" marathoniens avec ces souvenirs de murs, crampes, douleurs....en même temps cela permet à Jeff de rentrer dans le vif du sujet On Check nos affaires après un petit repas riz/chorizo/eau et on se couche pas trop tard car le réveil est prévu à 5h15. Chacun dans nos lits, hein...on s'aime bien mais quand même.Le lendemain après un petit déjeuner avec un gatosport homemade à base de banane et lait d'amande concocté par Séverine, bien plus digeste que mon habituel gatosport Overstim, nous partons destination Cancale. C'est cool il pleut comme vache qui pisse. On n'aura pas trop chaud (notez ma positive attitude)On arrive un peu tôt. Comme il fait un temps du genre marathon de Bordeaux 2015, on patiente dans la voiture une grosse demi-heure avant de nous diriger vers le port à 5' à pieds. Sur le chemin je croise Gwendoline et Marie mais ne m'attarde pas car le départ approche et il nous faut aller aux consignes. De plus Séverine veut s'échauffer sérieusement car elle vise le podium pour les championnats de Bretagne dont le marathon sert de support (à chacun ses objectifs)Je râle en me disant que je n'ai même pas pris le temps de faire une petite photo avec elles.En plus j'ai oublié d'encourager Marie qui se lance sur son premier marathon avec toutes les angoisses que cela suppose! Les consignes sont bien gérées, les bénévoles sympathiques et tandis que notre championne part s'échauffer de son côté; Jeff et moi faisons un micro run histoire de se dégourdir les jambes plutôt que de prendre froid. La Bonne Nouvelle est que la pluie ralentie puis cesse. On rejoint l'unique sas. J'espérais voir Marvin alias the Phoenix et Olivia mais cela me semble compliqué.Après une petite demi-heure, c'est parti. Jeff semble content que cela démarre enfin. On court le long du port direction le Mont St-Michel qui reste invisible. On va attaquer la côte du départ quand Jeff me dit qu'il pense avoir trop serré ses lacets. Sachant que tous les détails comptent et peuvent vite te rendre fou sur un marathon et surtout un premier, je lui conseille de s'arrêter de suite. Nous nous écartons et il met ses petits pieds à l'aise. Nous pouvons repartir pour de bon. La côte est avalée rapidement, moins dure que je ne le pensais; on est légèrement en retard sur notre rythme prévu mais avec ce dénivelé positif du départ rien d'anormal. Rapidement, on accélère et restons entre 4'40 et 5'10 c'est à dire trop vite. Cela va être le cas pendant une bonne quinzaine de kilomètres si ce n'est une pause pipi nécessaire pour mon camarade. Jeff ne ralentit pas malgré mes tentatives de le raisonner. Je n'insiste pas trop. C'est son marathon. Je lui explique tout de même qu'on risque de le payer sur la fin.Jeff reconnaît Gwendoline autour du km 5. On est derrière le meneur d'allure des 3h30. On échange un peu sur nos objectifs (les mêmes), on se permet deux photos. Puis toujours trop rapides nous la laissons derrière nous.Avec Jeff, nous laisson Gwendoline (en rose derrière nous)Je m'enquiers régulièrement des sensations de Jeff, il me rassure; sa tendinite ne semble pas le gêner. Au 8ème km nous apercevons enfin le Mont qui va désormais jouer à cache-cache avec nous. Et je dois dire qu'en définitive c'est ce qui va m'agacer le plus; ce mont si proche mais si loin. Et je n'ai pas été le seul! Le public est assez clairsemé mais nous encourage assez énergiquement, malgré ce temps qui doit les faire grelotter, eux qui sont statiques. On passe des villages côtiers, c'est assez agréable même si le panorama est bien bouché. Puis vers le 15ème km la surface change et nous passons à un sol moins agréable car moins plat. Est-ce la cause de notre ralentissement, notre moyenne passe plutôt autour de 5'05/km.A Cherrueix lieu du semi, grosse ambiance du fait du monde et du passage des relais pour la formule duo. Jeff semble toujours en forme et on décide de garder notre rythme. Soudain je vois et entends une tête connue m'encourager. Je dis merci mais le temps de remettre @maglawen rencontrée à Bayeux en 2014, je suis loin. Je m'en veux de ne pas avoir été plus expansif du coup. Mon tee-shirt captain America plait toujours autant, surtout aux enfants, et dès que je le peux je tape les petites mains des pitchounes en bord de route qui attendent sans doute avec fierté leur papa ou maman. Jeff semble rentrer un peu dans le dur mais à part le fait qu'il a chaud, il me dit que tout roule. Effectivement, il rougit.Moi par contre vers les 23/24 km, je sens que j'ai un coup de pompe. Jeff me décroche même de quelques mètres. Je râle contre moi-même. "Non mais c'est toi qui doit accompagner Jeff et le soutenir! Pas le contraire!" Je me dis que c'est le comble d'être fatigué à courir sur ce rythme alors qu'à Bordeaux je volais! Je me dis que ce Mont que l'on devine commence à ma taper sur les nerfs, que ce vent irrégulier me saoule et que ce polder où t'as l'impression d'être un dahut est insupportable. Pourtant je n'ai pas mal...je m'accroche et passé le ravito du 25e j'ai un regain d'énergie. Je reviens sur Jeff. J'ai chaud aux bras du fait des manchons que je porte mais décide de les garder. Je sens que cela commence à taper pour Jeff. On franchit le 28eme km, il n'avait jamais couru autant. Je lui fait la remarque, puis me dis que je n'aurais peut être pas du le faire.  Il me fait savoir qu'il commence à avoir mal un peu partout sauf à sa tendinite et mine de rien c'est plutôt positif. De mon côté j'ai de bonnes sensations mais une douleur à l'aine droite. D'ailleurs dans l'ensemble cette jambe droite répond moyennement et m'envoie régulièrement des signaux de douleurs au tendon d'Achille, au genou... Je trouve cela extraordinaire encore comparé à mes sensations à Bordeaux alors que mon rythme était bien plus élevé. J'espère ne pas avoir de crampes comme sur mes trois derniers marathons et me rassure en me disant que je vais bien moins vite. J'ai ralenti voyant Jeff un peu plus marqué, on est enfin dans le rythme prévu donc rien d'alarmant. La barre des 30 arrive, cela fait quelques km que l'on passe des postes Abandon. Je trouve cela un peu vache. Je me retourne et là horreur, malheur Jeff est loin derrière. Pas de doute, il fait connaissance avec THE WALL. J'hésite, je l'attends? Le laisse seul? Je choisis la seconde option (je me dis qu'il n'a peut être pas envie de m'entendre l'emmerder avec mes conseils à ce moment là et généralement je préfère me recentrer sur moi-même, de mon côté, dans ce genre de situation). Je double les différentes joelettes, parties une vingtaine de minutes avant nous. Les mecs assurent grave, sont encouragés comme il se doit par le public. Je les encourage, échange brièvement avec un des coureurs; il est dans le dur. Le mot est faible.Au ravitaillement du 35eme; je décide de m'arrêter et d'attendre mon poto. Son passage à vide à l'air de durer.Je patiente plus longtemps que je ne l'aurais pensé. Peut être une minute, une minute trente. Il a l'air content de me voir et moi aussi. Je lui donne des conseils, de penser à des choses positives, histoire d'oublier ses douleurs. Le Mont apparaît, disparaît selon les directions que prend le parcours.Les petits panneaux qui t'appellent même quand tu es en pleine formeL'autre difficulté psychologique du parcours, le Mont; qui va qui vient, qui s'approche puis s'éloigne...Sauras-tu le voir derrière moi?Jeff s'accroche. Il est fort mon pote! Le rythme a bien baissé. On est désormais plutôt en 5'30. C'est une moyenne permettant de rester en avance sur notre objectif, en espérant que Jeff tienne.Il tient le bougre! Enfin presque. Je le relâche à l'entrée de la loooooôngue dernière ligne droite (2km) avec vue sur le Mont. Je double un coureur qui marche et avec qui j'avais échangé quelques mots une grosse demi heure avant. Il trouvait que le Mont se laissait trop désiré aussi.Je l'encourage, et du coup il arrive à repartir et me dit qu'il va tenter de me suivre. On arrive à accélérer et on en profite pour faire connaissance. Il vient de Strasbourg! Haaaa toute ma jeunesse!  On discute sur un kilomètre.On approche des 200 derniers mètres. Je lui annonce que je vais l'abandonner. Sur le coup,  il croit que je vais accélérer, je lui dis que je vais en réalité m'arrêter pour attendre mon pote.Je me décale et me mets à côté de spectateurs assez nombreux sur cette dernière ligne droite qui ont l'air de se demander ce qu'il me prend. Et mon Jeff arrive après quelques dizaines de secondes (enfin je pense)Je l'encourage! Lui hurle qu'il l'a fait, on arrive sur le tapis rouge, j'harrangue la foule pour qu'elle nous encourage! Pourquoi? Parce que j'ai comme envie d'une fin torride Comme on en voit qu'au cinéma J'ai comme envie qu'ce soit terrible ...Nous franchissons la ligne ensemble en 3h42´54 (temps réel) : objectif tenu et bien tenu surtout avec un arrêt lacet, un arrêt pipi et un mur dans la face.Bref, de quoi se relancer dans l'aventure afin de batte un temps améliorable. Jeff est rentré dans la famille des marathoniens avec brio et ma foi je viens d'achever mon cinquième marathon. Le plus lent mais là n'était pas l'objectif.Nous retrouvons après quelques minutes de repos Gwendoline qui a elle battu son RP (Bravo !). Avant de partir je croise aussi @Runnindoum mon twittos extra-terrestre qui vient d'achever son 77eme marathon.Nous récupérons Séverine, déçue de ses 3h11 (excusez du peu ) qui finit pourtant neuvième féminine, sixième francaise et vice-championne de Bretagne.Il est temps d'aller aux navettes (bien trop loin) pour récupérer la voiture et nous retourner vers Rennes afin de manger quelques galettes et boire une bière bien méritée. 

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Vos commentaires
laflecheblonde

@laflecheblonde

Notez cette escroquerie, je parle bien entendu du Mont Saint Michel et non du Mont Blanc, ne pas y voir un futur objectif, la montagne; très peu pour moi!
06 Aug

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